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 Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )

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Julio le Kamouflé
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MessageSujet: Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )   Lun 11 Juin 2018, 21:44

https://blogs.mediapart.fr/la-cgt-insertion-probation/blog/110618/premier-entretien-de-suivi

Premier entretien de suivi

11 juin 2018 Par La CGT Insertion Probation Blog : Le blog de La CGT Insertion Probation

Après un entretien obligatoire avec un conseiller de permanence, la personne détenue est reçue par son CPIP référent, l'occasion de faire un point et de répondre à ses questions, surtout quand il s'agit de préparer une demande d'aménagement de peine...



Mercredi après-midi. Premier entretien

Lors de son arrivée en Maison d'Arrêt, la personne détenue est reçue obligatoirement par un conseiller du SPIP dans le cadre de l'entretien arrivant. Par la suite, son dossier est affecté à un autre  CPIP qui sera son référent, son conseiller, pendant toute la détention. S'il souhaite voir son CPIP référent, le détenu doit écrire un courrier au SPIP demandant un entretien.

C'est mon troisième rendez-vous cet après-midi. La personne que je reçois est arrivée à la Maison d'Arrêt depuis un mois environ. Il purge une peine de huit mois. Il m'a écrit plusieurs courriers mais je n'ai pas encore eu le temps d'aller le voir. C'est donc notre premier entretien. L'entretien arrivant réalisé par mon collègue il y a un mois m'apprend qu'il a 24 ans et qu'il vivait avant l'incarcération chez son père. Il a une enfant de 15 mois qui est à la garde de son ex-compagne. Il la voit régulièrement mais il n'y a pas de décision du juge, ils s'arrangent à l'amiable. Avant la prison, il travaillait un peu, à droite à gauche. Il fait surtout le magasinier en interim dans différentes entreprises. Il avait commencé une formation pour avoir les permis caristes mais il a lâché avant d'avoir les permis. Il n'a aucun diplôme et a quitté l'école à 17 ans, en première d'un BEP qui ne l'intéressait pas du tout.

Son casier judiciaire n'est pas encore arrivé. Je sais seulement qu'il a été suivi au SPIP en milieu ouvert deux fois il y a deux ans et quatre ans. Il a fait un TIG (un travail d'intérêt général) et termine une mesure de sursis avec mise à l'épreuve pour laquelle il s'est montré très peu investi d'ailleurs. Ça, je l'apprends à la lecture des rapports de ma collègue du milieu ouvert. Elle a fait un premier rapport pour indiquer qu'il ne s'était pas présenté aux premiers rendez-vous. La juge d'application des peines l'a convoqué, l’a rappelé à l’ordre et, par la suite il est venu aux rendez-vous, avec pas mal d'oublis quand même. Pendant les entretiens, il parlait très peu, restait superficiel. Et pour les obligations à respecter, il a passé une bonne partie du suivi à gagner du temps pour ne pas les mettre en place (une obligation de soins et de payer des parties civiles). Pour les soins, on peut penser que rien n'a évolué pendant le sursis mise à l'épreuve vu le peu de motivation qu'il a montré. Pour le remboursement de la partie civile (une affaire de vol d'une voiture), il a maintenant un huissier sur le dos.

Concernant son parcours pénal, il est incarcéré pour s'être battu en sortant d'une soirée avec un inconnu puis avoir pris sa voiture et fait une course poursuite avec les policiers, le tout alors qu'il n'a pas le permis. Le sursis avec mise à l'épreuve, c'était pour une histoire de vol de voiture avec conduite sans permis et délit de fuite. La voiture avait fini accidentée. Le travail d'intérêt général, c'était pour une histoire de bagarre avec un lycéen. S'il y a autre chose, je ne le saurai qu'après avoir reçu le casier.

Je ne l'ai pas encore vu mais il y a déjà eu des choses de faites dans son dossier. Mon collègue qui l'a vu à l'arrivée a eu sa mère au téléphone et lui a expliqué toutes les démarches pour le linge, les envois d'argent, les permis de visite. Elle lui a apporté du linge et envoyé déjà deux fois cinquante euros. Elle est aussi venue au parloir, deux fois jusqu'à maintenant. Une tante vient aussi d'avoir un permis de visite mais elle n'est pas encore venue. Dans un de ses courriers, il se plaint que son ex et sa fille n'ont pas encore de permis de visite. J'essaierai de voir où ça bloque.

Je reçois donc un jeune homme qui attend depuis un mois de me voir. Il se montre très poli. Il est assez volubile et ne semble pas particulièrement choqué suite à son incarcération. Je m'assure qu'il a compris pourquoi il est détenu, comment fonctionne les crédits réductions de peine et les réductions de peine supplémentaires. Je lui demande s'il a demandé à travailler et j'évoque avec lui les cours. Il me confirme qu'il a demandé à suivre le cours de maths, de français et qu'il vient de commencer. Il a demandé à travailler aussi. Il ne me semble pas spécialement motivé par les cours. Je ne sais pas si c'est pour passer le temps qu'il s'est inscrit ou si c'est pour avoir plus de réductions de peine. Ce manque de motivation sérieuse est assez fréquent mais ça n'empêche pas de faire des progrès. J'évoque aussi le psy, car il y a des violences dans la condamnation. Il me dit qu'il a demandé un entretien et attend. Ce sont les éléments de routine d'un premier entretien.

Pendant l'entretien, il essaye de se montrer sous son meilleur jour. Il parle beaucoup, plaisante, minimise les difficultés. Il essaye de me convaincre que son incarcération est un accident de parcours dans une vie plutôt rangée. Une mauvaise soirée, des provocations d'un inconnu, des mauvais choix, un malentendu avec les policiers... Lorsque j'évoque le sursis avec mise à l'épreuve, il me dit que ça s'est bien passé et qu'il s'entendait très bien avec ma collègue. Il garde aussi un bon souvenir du travail d'intérêt général. Bref, il enjolive. Il faudra reprendre tout ça avec lui lors d'un prochain entretien.

On en arrive à son souhait : il me dit qu'on lui a dit « qu’il a le droit à un aménagement de peine vu qu’ il a une peine de moins d'un an ». Donc il voudrait savoir comment faire pour avoir un bracelet électronique. C'est la question que me pose la plupart des détenus lors du premier entretien : Comment sortir de là ? La question est légitime. Vouloir sortir d'une prison le plus rapidement possible est un réflexe assez sain. Malheureusement, on ne sort pas facilement de prison avant la fin de la peine. Donc tout mon boulot, sur un entretien comme celui-ci, ça va être de faire revenir mon interlocuteur à la réalité tout en ne brisant pas toute motivation.

Je lui explique qu'il a effectivement le droit de demander un aménagement de peine, et comment faire cette demande. Je ne fais pas la demande avec lui parce qu'il a les capacités pour faire la démarche seul et que, s'il n'arrive pas à se motiver pour faire une démarche aussi simple, ce n'est même pas la peine d'aller plus avant. Ensuite, je lui explique qu'une fois la demande posée, la juge devra le convoquer dans un délai maximal de quatre mois. C'est le premier coup au moral. Les détenus n'ont pas la même temporalité que les administrations qui les prennent en charge. Quatre mois pour ce détenu, c'est presque toute la peine du fait du régime de réductions de peines.

Je fais ensuite un petit point technique. Est-ce qu'il a d'autres jugements à venir ? Parce que si c'est le cas, on devra attendre qu'ils soient passés pour poser la demande. Il me dit que non.

Ensuite, je lui raconte le déroulement du débat contradictoire, lorsqu’il va rencontrer la juge. C'est comme un petit procès : la procureure est là, l'avocat aussi et le juge étudie avec la personne son projet, son passé, sa motivation, etc. Ensuite, elle rend une décision quelques jours ou semaines après le débat. Je lui explique aussi que le SPIP -moi donc- fait un rapport pour ce débat. Dans le rapport, j’explique ce qu'est le projet et je donne un avis.

Je lui demande donc ce qu'est son projet. Je l'aide un peu en listant les questions. Où va-t-il vivre à la sortie ? Chez sa mère. Je remarque qu'il vivait avant chez son père et il me confirme que ce dernier ne veut plus de lui du fait de l'incarcération. La bêtise de trop. Qu'est ce qu'il fera de ses journées ? Là, il essaye de trouver ce qu'il faut dire pour avoir le plus de chances. En gros, il fera ce qu'on voudra qu'il fasse. Son vrai projet, je crois comprendre,  c'est de reprendre sa vie là où il l'a laissé : s'inscrire dans deux-trois agences d'interim et bosser de temps en temps en attendant d'avoir une meilleure opportunité. Mais son père pourrait aussi le faire embaucher dans la boîte où il travaille comme manœuvre dans le bâtiment. Mais aussi, il se dit qu'il pourrait faire une formation parce que c'est mieux quand même d'avoir un diplôme. Une formation en quoi ? Il n'a pas trop d'idée. Cariste, je lui explique que je doute que Pôle Emploi accepte à nouveau de payer pour une formation qu'il a abandonnée il y a à peine deux ans. Bâtiment ? Pourquoi pas.

J'ai deux possibilités face à ce type de projet : soit je l'oriente vers Pôle Emploi pour un projet plutôt axé vers la recherche d'emploi directe soit je l'oriente vers l'organisme de formation professionnelle qui intervient dans la prison. Le SPIP est « prescripteur ». C'est comme ça qu'on dit. C'est à dire qu'on doit passer par nous pour être inscrit. Je me dis que pour lui, ce serait intéressant de lui donner la possibilité de faire ses preuves, dans un délai assez rapide et de travailler sur son employabilité. Je lui propose donc de faire un diagnostic court avec l'organisme de formation professionnelle. Ça consiste en cinq ou six rendez-vous avec un formateur (et des tests avec un psychologue du travail). Ça permet d'affiner le projet. Je lui précise qu'il y a une préqualification en bâtiment qui se déroule dans la prison et que je pense que ça pourrait être bien qu'il soit positionné dessus : ça lui permettrait de savoir si les métiers du bâtiment l'intéressent et lui conviennent, et accessoirement de lui faire un petit revenu.
Clairement, je pense qu'il a très peu de chance d'avoir un aménagement de peine. Il a une peine de huit mois. Dès son arrivée, il a eu un crédit de réduction de peine de 56 jours (7 jours par mois). Tant qu'il ne crée pas d'incident, ces 56 jours sont acquis. Il ne m'a pas l'air parti pour créer des incidents et devrait donc les garder. En plus, à la fin de la peine, il pourra avoir jusqu'à 42 jours de réductions de peine supplémentaires (s'il va à l'école, chez le psy, s'il met en place des versements aux parties civiles etc.). En général, les détenus ont au moins la moitié des réductions de peine supplémentaires. Donc on peut penser qu'il aura un total de réductions de peine de 75 jours environ. De plus, ça fait déjà un mois qu'il est là.
Le diagnostic avec l'organisme de formation professionnelle prendra un peu plus d'un mois. Ensuite, s'il est positionné sur la préqualif bâtiment, il risque d'attendre à nouveau quelques semaines qu'il y ait une place. La préqualif dure entre deux et trois mois. Il sera donc sortant à la fin de la préqualif. Et avant la fin de la préqualif, il n'aura pas un assez bon dossier pour pouvoir prétendre à un aménagement de peine. CQFD

Tout ça, je ne lui dis pas explicitement. Je ne lui mens pas mais je ne lui dis pas non plus. Parce que je ne veux pas le démobiliser. Parce qu'il a tout à gagner à aller au bout de ce projet : gagner un peu plus de réductions de peine, valider un projet de formation ou d'emploi dans le bâtiment, gagner un peu de revenus, s'occuper utilement, et, éventuellement, si tout se cale parfaitement bien pour lui, pouvoir présenter un projet d'aménagement de peine de bonne qualité et avoir donc une chance. J'essaye d'y croire un peu moi aussi. Mais on ne peut pas faire surgir un projet de nulle part en six mois de prison. Au mieux, on peut essayer de faire en sorte que la personne perde le moins de temps possible pendant l'incarcération et qu'il avance sur un projet qu'il terminera dehors.

Je ne l'ai pas découragé. Il a bien compris qu'il a peu de chance d'avoir un aménagement de peine mais il va quand même poser une demande, qui ne tente rien n'a rien, et il attend d'être appelé par l'organisme de formation que je vais solliciter. Pour finir, je lui fais une liste des documents qu'il faudra qu'il présente à la juge lors du débat. Je lui demande de me les faire envoyer -c'est sa mère qui fera le gros du boulot là-dessus- le plus rapidement possible et je les ferai suivre à la juge.

Je n'entre pas encore dans les détails du projet. Quelles ressources aura-t-il ? Comment se déplacera-t-il ? On verra ça si le projet se précise. Pour l'heure, l'entretien a déjà assez duré, pas la peine d'embrouiller les choses en prolongeant nos échanges.

Il me salue et repart en cellule. Je m'aperçois qu'on a oublié de parler du permis de visite de son ex et de sa fille.

S'il avance réellement dans le projet, c'est à dire, s'il se montre actif et motivé avec l'organisme de formation, s'il maintient les activités en détention, les cours, le psy... et s'il m'envoie les documents rapidement, je commencerai à croire un peu plus dans la possibilité d'un aménagement de peine. L'entretien suivant sera alors consacré à le confronter aux sujets plus sensibles : ses passages à l'acte violents, le suivi SPIP précédent qui s'est mal passé, ses relations avec ses parents (faire un bracelet électronique chez sa mère est-ce une bonne idée ?), la réparation de ses erreurs (les parties civiles). Ce sont de toute façon des choses qui lui seront renvoyées lors du débat contradictoire soit par la juge soit par la procureure. Autant déminer le terrain avant en entretien. Et pour moi, c'est une manière d'essayer de l'amener à questionner son propre parcours, à avancer. Je n'aborde pas ces sujets lors du premier entretien parce que c'est plus pertinent de lui montrer d'abord que je suis un soutien pour lui avant de commencer à aborder les sujets qui fâchent. Une fois qu'il me percevra comme un soutien, il n'aura pas l'impression d'être jugé si je lui pose des questions qui le gênent.

Sa mère m'appellera quelques jours après l'entretien pour que je lui dise quels papiers il faut qu'elle fournisse pour l'aménagement de peine de son fils. Après lui avoir tout réexpliqué, je profiterai de cet appel pour en savoir un peu plus sur les relations au sein de la famille. Mon intuition était la bonne : il vivait chez son père avant car ses parents trouvaient qu'il était ingérable lorsqu'il vivait ado avec sa mère. Elle me parle des mauvaises fréquentations, du shit, des bagarres, des bêtises. Le père est actuellement fâché et a décidé de ne pas venir voir son fils au parloir pour le punir de cette nouvelle infraction. La mère est plus souple mais on sent que si elle accepte d'accueillir son fils pendant le bracelet électronique, c'est par devoir. Elle ne semble pas pour autant être totalement rassurée par rapport à son comportement. Elle me demande à ce qu'il se soigne en détention. Je commence à me dire qu'un aménagement de peine en semi-liberté serait peut-être plus adapté qu'un bracelet électronique chez sa mère. Il faudra lui en parler.

Environ deux mois après cet entretien, il commettra plusieurs incidents en détention : il se fera prendre à la sortie du parloir avec du shit (sans doute apporté par sa mère ou sa tante, ou transporté pour un autre détenu). Il se fera prendre une autre fois en train de fumer un joint en cellule. Plus grave, son ex-compagne portera plainte contre lui pour de nombreux coups de téléphone passés d'un portable en cellule au cours desquels il proférera insultes et menaces contre elle. Il semble qu'elle était victime de menaces et de violences lorsqu'ils étaient en couple, elle n'avait alors pas porté plainte. Il n’a pas accepté la séparation et la harcèle depuis. Le projet d'aménagement de peine est bien sûr tombé à l'eau et il a pris une nouvelle peine pour les menaces et le téléphone. En revanche, il a maintenu ses efforts sur le dispositif de préqualif bâtiment. La suite du suivi s'est axée sur son inscription réelle dans un suivi psychologique et addictologique renforcé, sans grand succès malheureusement.

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mirisa

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MessageSujet: Re: Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )   Mar 12 Juin 2018, 16:08

merci pour cette nouvelle immersion dans le travail d'un CPIP, c'est super intéressant Smile

on voit comment ce jeune s'enfonce peu à peu dans une spirale d'échecs et de violences dont les signaux d'alerte sont ses 1ères confrontations avec la justice puis avec la prison.
on se rend compte surtout de toute l'analyse/expertise qu'il faut mettre en oeuvre, afin que ce temps d'incarcération produise un déclic....qui n'arrivera peut-être pas mais ça peut le faire avancer dans sa tête quand même un peu, on le lui souhaite.
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lilou
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MessageSujet: Re: Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )   Mar 12 Juin 2018, 17:38

Encore un super article.... vraiment je trouve ce travail de retranscription très bien fait et qui sert vraiment notre profession.
Si cette personne me lit directement (ou que quelqu'un lui passe le message) je suis fan Smile

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Julio le Kamouflé
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MessageSujet: Re: Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )   Mar 12 Juin 2018, 19:29

Je pense qu'il aura le message Smile


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MessageSujet: Re: Premier entretien de suivi (la suite de l'article de mai )   

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